3 conseils que j’aurais aimé recevoir à 15 ans

Comme vous, j’aimerais remonter le temps pour aller prendre mon moi de quinze ans entre quatre yeux et lui expliquer la vie. Mais comme vous, je n’en ai pas la capacité, du coup, ces conseils, ils sont pour vous.

1. Écris au lieu de parler

Écoute-moi bien, andouillette (vous êtes conscient que je me parle à moi-même de 15 ans tout du long, n’est-ce pas), en parlant sans arrêt, tu cherches à ce qu’on t’aime et c’est déjà un écueil grave, mais le gros souci, c’est que tu cherches en plus à être aimée de la pire des façons : pour toi-même. Genre, tu penses que ta personnalité fabuleuse, ton intelligence et ton éloquence vont t’apporter quelque chose dans ce monde ?

Eh bien, laisse-moi te plonger dans un bain d’eau glacée immédiatement (quelle violence), non, cela ne va rien t’apporter : rien de rien. Ce qui par contre va t’apporter énormément, c’est ta passion de lire et d’écrire. Alors, si tu passais un peu plus de temps à potasser et à gratter au lieu de disserter pendant des heures sur le bien-fondé de l’éducation, pour ta meilleure amie qui, plus tard, deviendra commerciale pour dentistes, entre deux lattes de joint ? Stoppe-moi ce blabla et mets tout ça à plat, bon sang. Tu veux que je fasse comme Madame Laplanche au CP et que je te mette un scotch sur la bouche ou quoi ?

2. Ce n’est pas de ta faute

Ta mère est complètement dépassée, arrête de lui faire tellement confiance et de prendre ce qu’elle dit pour parole d’Évangiles. Qu’elle te complimente comme si tu étais la dernière merveille du monde ou qu’elle lève les yeux au ciel dès que tu ouvres la bouche, elle a tort. Tu n’es ni la meilleure, ni la pire.

Et cette grosse tendance à déprimer et à ne pas comprendre pourquoi tu te sens toujours hyper mal, ben c’est dû à ton enfance et ce qu’elle t’a fait subir, alors, au lieu d’éviter de rester chez toi en allant picoler au bar avec les copains (qui ne seront plus tes copains d’ici deux ans), évite plutôt de rester chez toi en allant à la bibliothèque ou en allant à l’étude. Tu sais, cet endroit incroyable pour taffer sans que personne ne te dérange étant donné qu’aucun ado n’y va jamais ?

D’ici trois ans, tu auras dix-huit ans (si vous lisez ceci à l’âge de 47 ans, je m’excuse) et tu pourras mettre toute cette époque derrière toi. Va à la fac et trouve-toi un taf, la vie sera difficile et les patrons ne sont pas supposés être des parents de remplacement.

3. Donne au lieu d’attendre de recevoir

La générosité, ce n’est pas donner 1 euro à chaque SDF que tu croises, alors arrête cette charité chrétienne qui t’évite la culpabilité d’être mieux lotie, pour la remplacer par une générosité d’âme. Tu comprendras cet aspect assez tard, alors fais en sorte que tout ce que tu fais et qui compte vraiment, tu le fais gratos : c’est une stratégie de vie gagnante.

Donne-toi à fond sans grincer des dents parce que tu es mal payée. Ça t’évitera non seulement la rancœur, mais aussi le mépris de tes pairs. Un jour, tu gagneras ta vie décemment, mais en attendant, bosse énormément pour pas cher, voire pour pas un rond, et je ne parle pas de faire du service ou de la vente de chaussures, je te parle d’écrire, de répéter tes textes, de jouer et de mettre en scène, sans compter tes heures, de ne pas être frustrée d’avance parce que tu vois arriver la terrible condition d’intermittent du spectacle et ses obligations de faire des publicités pourries. Tu ne vaux pas mieux que tout le monde et surtout, tu n’as aucun avenir dans le cinéma ou la télé : tu dois te concentrer sur ce que tu sais faire et que tu aimes faire, lire, écrire et apprendre.

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Sophie Gauthier vous enseigne l'écriture créative sur Contentologue.com

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