Les 5 éléments du high-concept

Nous sommes constamment traversés par des idées inspirantes, dont nous ne savons que faire. Dans le pire des cas, nous l’oublions, dans le meilleur des cas, nous l’utilisons pour commencer une histoire que nous ne finirons jamais.

Les idées s’accumulent et certains se désolent d’avoir tant d’idées sans parvenir à les canaliser dans une histoire qui tient la route.

Et là est le secret : pour qu’une histoire tienne la route, il faut que votre pitch rassemble une majorité des 5 éléments suivants :

1. Le protagoniste

Sans protagoniste, point d’histoire. Cet élément est donc essentiel. Mais qu’est-ce qu’un protagoniste ?

Souvent confondu avec “héros” ou encore “personnage principal”, voire “le gentil”, le protagoniste a en réalité une définition simple qui vous aidera à en faire ce que vous souhaitez :

Le protagoniste est celui/celle qui mène la quête.

Il peut être mauvais (Humbert Humbert dans Lolita), avoir un destin malheureux (Algernon, dans Des fleurs pour Algernon), avoir un coéquipier dont on parle autant, voire plus souvent que lui (Pierre Niémans dans Les rivières pourpres), ne pas être au centre du livre (Paul Edgecomb dans La ligne verte), partager le point de vue avec d’autres personnages (Rachel dans La fille du train), le protagoniste conserve précieusement sa place en tant qu’élément structurel. Celui ou celle qui a un but et dont le but conduit le déroulement de la narration est le protagoniste.

2. L’élément déclencheur

Certains rares romans n’ont pas d’élément déclencheur (La horde du contrevent, très partagé au niveau des critiques), mais dans la plupart des cas, il y en a un et s’il y en a un, faites en sorte qu’il réponde au critère suivant, sans quoi votre lecteur pourrait se désintéresser assez rapidement de ce qu’il adviendra de votre protagoniste :

L’élément déclencheur doit bouleverser la vie de votre protagoniste, au point que sa vie change complètement et qu’il lui est impossible de revenir en arrière.

3. L’antagoniste

Comme pour le protagoniste, l’antagoniste joue un rôle structurel, qui n’a rien à voir avec “être le méchant”. Une règle à retenir :

L’antagoniste est celui/celle qui empêche le protagoniste de mener à bien sa quête.

L’antagoniste peut donc être tout à fait gentil, voire même bien intentionné. Il n’a pas à tuer quiconque, ni à être mystérieux, il peut même être l’objet de l’amour du protagoniste.

Pensez au but du protagoniste :

Qui l’empêche de mener à bien sa quête ? Vous avez votre réponse.

4. Le cadre

Le cadre peut être un lieu, un univers, un domaine, un corp de métier…C’est l’arène dans laquelle votre protagoniste va se battre.

Une règle vous permettra de faire de votre cadre un bon élément de structure :

Que votre protagoniste soit forcé de découvrir le cadre suite à l’élément déclencheur. (Ou de redécouvrir avec le lecteur, comme dans un “retour au bercail après être parti très longtemps”)

Pour rendre votre cadre passionnant, rendez-le :

  • Spécifique. Un grand restaurant étoilé parisien, plutôt que simplement “le milieu de la cuisine”.
  • Dramatique. Dans le milieu que vous avez choisi, qu’est-ce qui permettrait le plus de conflits, de personnages intéressants, d’humour, de péripéties et autres catastrophes ? Si vous pensez à faire se dérouler votre histoire dans “une entreprise”, choisissez bien votre type d’entreprise.
  • Étranger. Pensez à faire découvrir un milieu. Même un milieu connu peut être étranger dès lors que l’on pénètre dans ses coulisses. Une grande majorité de gens sortent leurs poubelles, mais qui connaît le monde de la déchetterie à part ceux qui y travaillent ?

5. L’enjeu

Pour connaître votre enjeu, demandez-vous :

Si le protagoniste échoue dans sa quête, que se passe-t-il ?

Sans surprise, l’enjeu doit être de taille. Certains grands théoriciens de l’écriture disent même que le seul enjeu valable en storytelling est la mort.

Mais l’important est que votre enjeu soit à la taille de la mission. Lorsque dans Le diable s’habille en Prada, Andrea Sachs désire être une grande journaliste, l’enjeu est que si elle échoue dans sa quête, elle galérera beaucoup plus pour obtenir un tel poste. Andrea Sachs ne désire pas être journaliste dans une petite ville de province, elle veut être grande journaliste à New-York. L’enjeu est donc à la mesure de la quête.

Pour augmenter l’enjeu, il faut donc augmenter la difficulté de la mission. Que ce soit par la faiblesse du protagoniste ou par l’inaccessibilité de la quête.

Comment utiliser le high-concept ?

Plutôt que de considérer ces 5 éléments comme un cadre rigide qui comprime votre créativité, considérez-le comme une aide en cas de blocage.

Laissez vagabonder votre esprit et notez toutes vos idées. Lorsque viendra le moment de la mettre en forme, vous aurez deux possibilités :

Soit vous aimez être guidé et vous utiliserez ces éléments comme base de réflexion, soit vous préférez vous éparpiller pour mieux rassembler vos idées ensuite, auquel cas le high-concept sera d’une grande aide pour répondre à certains blocages structurels.

Pour aller plus loin : 43 idées de roman basées sur le high-concepts dans cet article.

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Sophie Gauthier vous enseigne l'écriture créative sur Contentologue.com

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